Histoire de Cazouls

La croisade des Albigeois

histoire villageQue se passa-t-il à Cazouls en 1209 lors du massacre de Béziers?

Rien de précis n'a pu nous être communiqué. Des paroisses furent certainement ravagées et détruites (peut-être Sainte-Foy par exemple). Il a été écrit que les habitants, fuyant ces paroisses, vinrent se regrouper à Cazouls, au lieu-dit "La Ville Neuve", qui fut entourée d'une nouvelle enceinte (Rouquette, rue Barbès, route de Cessenon, rue Ampère). Il semblerait que l'église romane, qui devait avoir la nef charpentée en bois, fut incendiée.

Reconstruite vers le XIV ème siècle, "la nouvelle construction fut agencée à la partie que le temps, ou la main de l'homme, avait épargnée".

Cependant les événements de la croisade ne s'arrêtèrent pas là. À cette époque, le seigneur de notre village était Adalays de Casouls, fille de Guillaume de Casouls, veuve de Gaucerand de Capestang, et alors épouse d'Imbert de Cabrières (fils). En 1222, la population de Cazouls et des villages voisins tenta de secouer le joug de Montfort et se révolta. Mais, en 1226, à l'approche de l'armée royale, les seigneurs de la région durent faire leur soumission. Les habitants furent excommuniés. Adalays de Casouls, accompagnée de Bérengère de Capendu, dut aller faire hommage pour le roi. L'évêque de Béziers reçut cette soumission au domaine d'Aspiran. Nous savons qu'Adalays de Casouls fut incarcérée, mais nous ignorons la date de sa libération. En 1231, avec ses enfants, elle vendit ses biens de Narbonne. Nous ne connaissons pas la date de son décès (l'acte de l'hommage de ses biens à l'évêque de Béziers est de 1239), mais en 1248, sa fille, Raimonde de Cabrières, abbesse de Nonenque, réclame certains droits de sa mère qui avaient été confisqués. Un des fils d'Adalays, Guilhaume de Cabrières, accompagna Alphonse de Poitiers, frère du roi, à la dernière croisade. Cazouls fut transformé en bailli royal, et l'entière seigneurie passa à l'évêque de Béziers, qui en fut dès lors seul seigneur. Ainsi disparut la famille féodale de Cazouls, victime de sa résistance pour la défense du terroir occitan.

 

Etymologie

Près de vingt siècles d'histoire

Il est bien évident que nous n'avons pas de textes qui nous permettent, pour l'origine de Cazouls, de justifier ce titre. Cependant, de nombreux éléments nous démontrent que l'ancienneté de notre village doit remonter à l'époque romaine. Les archives indiquent : "Casulae habité à l'époque romaine", et un ouvrage ajoute cette précision : "Fondé au premier siècle par les Romains sur une voie venant de la Domitienne." En outre, et parmi d'autres, existe un vestige sur le terrain, une canalisation reconnue d'origine romaine amenant l'eau de l'extérieur (de Montmajou) jusqu'au noyau central du village (place Vieille).

Des origines à la renaissance

Le site : Cazouls se trouve dans un site idéal, adossé aux premiers contreforts des Cévennes dont la ligne bleutée lui sert de toile de fond. Sa situation permet d'apercevoir au sud la cathédrale Saint-Nazaire sur son promontoire biterrois et, au loin, les reflets miroitants de la mer; plus à droite, avec le majestueux Canigou, la chaîne des Pyrénées parfois encapuchonnée de neige. Cazouls est donc à quelques kilomètres seulement à la fois de la mer et de la montagne, qui s'inscrivent dans son panorama.

À ses pieds, lui servant d'écrin, l'océan des vignes, mais un océan agréablement vallonné et exempt de monotonie, avec ses petits puechs couronnés de pins et ses domaines ancestraux. L'Orb, justement réputé poissonneux, le limite à l'est. Les trois diocèses de Béziers, Narbonne et Saint-Pons, venaient se rejoindre à la limite de son territoire, en un seul point appelé "Les Trois Tables".

Le nom : Il serait présomptueux de prétendre donner une explication certaine de l'origine du nom de Cazouls, bien que plusieurs nous paraissent valables. Étymologiquement, casa signifie maison ou "petite maison". Mais cette racine a des variantes. Pour le nom de "Casouls", il faut tenir compte des variations dues notamment à des erreurs d'orthographe ou de transcription. On trouve par exemple Casulis et Caselis, Casoles et Casoléi (maisons et oliviers pour certains), Casolas et Casolus, etc. Il suffit d'une simple lettre transposée. D'autre part, nous lisons que l'abri du relais (mansio ) a donné casa, supplanté ensuite par maisons. Il y eu également confusion dans des textes entre notre village et Cazouls-d'Hérault, et surtout avec le Casouls proche de l'étang de Bages (à propos de la donation de 856 par exemple). En outre, notre village porta longtemps le nom de Casouls de Narbounès. Enfin, le terme de Casulae (dans les archives) pourrait, selon certains, évoquer des tombeaux... Nous nous garderons donc de conclure de façon définitive.

 

L'époque gallo-romaine

histoire blocdoriqueLe bloc dorique

Depuis 1836, Cazouls est en possession d'un fragment de frise découvert à Savignac-le-Haut et caractérisé par un "bucrane". Les bucranes représentent les têtes de taureaux que l'on allait ou que l'on avait sacrifiés (Tauroboles). Y avait-il un temple à Cazouls-les-Béziers ?

La villa gallo-romaine des Trois Tables

histoire nervaLotie sur la pointe ouest de la commune de Cazouls-les-Béziers, au lieu-dit "Les Trois Tables", cette villa occupe une situation agréable, dans les premières collines qui limitent la plaine biterroise. C'est un type d'habitat assez modeste, qui n'a pas eu apparemment de plan préconçu et qui a été tout simplement construit au fur et à mesure des besoins.

histoire marcaureleLe mobilier est banal et paraît indiquer une demeure sans trop d'opulence. Il a été retrouvé 6 monnaies en argent et bronze et de quelques objets de bronze : broche, médaillon, bracelet, etc., un outillage en fer à usage agricole, quelques aiguilles en os et de très nombreux fragments de verre.

histoire faustineLa vaisselle découverte dans les fosses est d'usage courant et la céramique de la Graufesenque n'est que peu représentée. L'occupation du site s'échelonne sur environ cinq siècles et il semble que le plein essor du domaine a dû se situer aux alentours de la deuxième moitié du 1 er siècle et du III e siècle.

La villa gallo-romaine des Muscadelles

histoire medaillonLa villa des Muscadelles est située au sud de Cazouls-les-Béziers à gauche de la D 162 et occupe trois parcelles dites "des Muscadelles". On remarquera, une fois encore, le choix judicieux des hommes qui l'ont élevée, près d'une voie que l'on peut suivre jusqu'à l'Orb, à proximité d'une petite source pérenne, et assez protégée du vent dominant. Le mobilier recueilli à la suite d'un sondage sur une fosse se compose essentiellement d'une faible quantité de tessons de céramique commune, ainsi que de quelques fragments de céramique de la Graufesenque; le verre, peu représenté, fait apparaître des fragments colorés; les monnaies, 5 à 6 deniers du Bas Empire, sont illisibles (d'après M. Moulis).

histoire statue hermesMalgré le peu de matériel ramassé en fouille, nous pouvons reconnaître la richesse du site par une quantité importante de cubes de mosaïques et par la présence d'une statue de bronze. À son propos, laissons la parole à M. Vivarel : "Il s'agit apparemment d'un dieu protecteur des troupeaux. Nous n'avons pas la compétence requise pour déterminer s'il s'agit d'un Hermès Criophore, d'uns statue composite ou d'un Bacchus".

Une nouvelle version nous est fournie par M. Gatorze, sous toute réserve. Il s'agissait d'un Mercure, puisque nous sommes à Rome et non à Athènes. Criophore signifie "porte bélier". Or une très ancienne légende rapporte que Mercure portant un bélier sur son dos aurait fait le tour de la ville (Rome) en dehors des murs et de ce fait aurait empêché que la peste désolât cette dernière. Nous laisserons aux spécialistes le soin d'apporter plus de précisions. Par la richesse des éléments de marbre et de bronze découverts, la villa des Muscadelles reste comparable à ces beaux domaines en bordure de l'étang de Vendres.

 

La grotte Jaupe-loup

La grotte de Jaupe-Loup s'ouvre au bas du rideau calcaire qui domine le ruisseau du même nom, sur la rive droite de celui-ci. Elle ne constitue pas un long réseau comme certaines grottes sépulcrales, mais tout simplement une chambre de moyenne grandeur. L'entrée se trouve donc à environ 3 mètres au-dessus du ruisseau et est cachée partiellement par une végétation très dense.

La fouille nous a permis de constater que le substratum, en forte pente du côté gauche, offrait des conditions très défavorables aux dépôts sépulcraux et éventuellement à la conservation du gisement. Seul, donc, le côté droit de l'abri contenait des sépultures. En divers points de ce réduit, des coulées stalagmitiques avaient soudé en partie certains ossements encore en place. La grotte, de dimension très modeste, offre une ouverture de 4,50 mètres environ de largeur, 1,15 mètre de hauteur et 4 mètres de profondeur. Elle a souffert de précédentes fouilles clandestines au cours desquelles un important amas de terre a été rejeté au-dehors.

Après avoir dégagé, à l'aplomb de la falaise, les précédents déblais, nous avons mis à jour une murette construite avec des blocs de moyenne grosseur, mais aussi une stratigraphie, dans laquelle nous distinguions deux couches et qui devait nous guider par la suite. Après avoir décapé environ 0,20 mètre de couche éolienne et d'infiltration, nous avons remarqué, à 0,50 mètre du premier mur, une seconde murette. Procédant par décapage, nous avons dégagé une première sépulture. Ce dépôt sépulcral était accompagné d'un fragment de céramique sans valeur. C'était une sépulture d'enfant d'environ 7 à 10 ans, reposant dans la couche 1. Plus avant, toujours entre les deux murettes, un foyer lenticulaire d'environ 0,50 mètre de diamètre était mis à jour.

 

Plan de la grotte de Jaupe-Loup

histoire plan jaupeloupLes parties en grisé indiquent l'affleurement du substratum, et l'on voit que seules les fosses de remplissage ont été utilisées. En pointillé, les dépôts supposés et bouleversés avant les fouilles.

La seconde murette devait nous livrer une seconde sépulture, cette fois-ci d'adulte; le cadavre était réduit, après décharnement pré sépulcral, à quelques fragments de calotte, une vertèbre, quelques os des pieds ou des mains, ainsi que les deux fémurs. Au milieu de ces ossements, une perle biconique en os et quelques dentales. La troisième sépulture se trouvait attenante au deuxième muret. Le dépôt se bornait à une calotte crânienne, quelques débris de céramique et une valve de carde taillée en pendeloque. La quatrième sépulture était en partie revêtue d'une couche d'argile jaune de décalcification. Un ruisselet avait coulé, si bien que les objets éventuels que nous aurions pu y découvrir ont sans doute été emportés vers l'extérieur. Des sépultures 5 et 6 il ne restait pratiquement rien si ce n'est des calottes et quelques vertèbres fortement corrodées. La parure et la céramique. Les quelques éléments que nous avons pu recueillir lors de la fouille, bien que minimes, ne sont pas négligeables. Les fragments de céramique ont un faciès chalcolithique et l'on pourrait les rattacher aux premières inhumations. Quant à la parure, elle aussi seul fossile directeur valable, elle est typiquement chalcolithique, période pendant laquelle ces objets ont été fréquemment employés. Ce qui donnerait la date 2.300 à 1.800 avant J.C. La grotte de Jaupe-Loup s'intègre dans une région riche en vestiges préhistoriques et nous permet d'ajouter un maillon de plus aux gisements chalcolithiques déjà connus sur notre terroir.

Météo à Cazouls

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Après-demain
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